Pays: Antigua-et-Barbuda
Nom de l'organisation/du projet : Université des Antilles, campus de Mona : Projet d’atténuation des vagues : solutions naturelles utilisant le corail corne d’élan (WANSEC) et Centre mondial de surveillance de la conservation (WCMC), Renforcement de la résilience climatique régionale et soutien à la reprise économique verte par l’adaptation fondée sur les écosystèmes et les moyens de subsistance durables (projet EbA)
Auteur: Ruleo Camacho
La restauration des coraux s'intensifie dans le parc national de Nelson Dockyard (NDNP), grâce à des projets novateurs qui testent de nouvelles approches pour reconstruire les récifs et renforcer la résilience côtière à Antigua-et-Barbuda. Avec le soutien de deux projets régionaux financés par la CBF, le NDNP réalise des progrès considérables en matière de restauration corallienne au sein du parc.

Le parc national de Nelson Dockyard (NDNP) est l'une des aires protégées les plus importantes des Caraïbes, s'étendant de la crête au récif. Créé en vertu de la loi de 1984 sur l'Autorité des parcs nationaux, le parc couvre environ 15 milles carrés le long de la côte sud-est d'Antigua, de la baie de Carlisle à la baie de Mamora.
Avec une superficie terrestre d'environ 55% et une superficie marine de 45%, et en tant qu'aire protégée à usage mixte de catégorie VI de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le NDNP équilibre la conservation avec l'utilisation durable de ses ressources naturelles.
Depuis 2019, l’Autorité des parcs nationaux (APN) a mis en place un suivi régulier des récifs sur 14 sites marins, selon la méthodologie de l’Évaluation rapide des récifs de l’Atlantique et du Golfe (AGRRA). Ces évaluations, réalisées tous les deux à trois ans, fournissent des données essentielles à la gestion adaptative des écosystèmes marins du parc.
Un constat constant lors des différents cycles de surveillance a été la faible couverture corallienne vivante, soulignant le besoin urgent d'une intervention active.
En réponse, l'Autorité portuaire nationale (NPA) a lancé son programme de restauration corallienne en 2021, axé principalement sur les espèces d'Acroporidae à croissance rapide, construisant des récifs. Cette initiative s'est depuis étendue au corail corne d'élan, Acropora palmata, et le corail corne de cerf, Acropora cervicornis, ainsi que des cornes de cerf fusionnées, Acropora prolifera, cultivées dans la pépinière de coraux de l'AMP.

Cela a permis une collaboration avec des partenaires régionaux sur des initiatives de restauration des coraux, notamment grâce à deux efforts soutenus par le Fonds pour la biodiversité des Caraïbes (CBF) : le projet WANSEC (Wave Attenuation: Natural Solutions using Elkhorn Coral) et le projet EbA (Strengthening Regional Climate Resilience and Supporting Green Economic Recovery through Ecosystem-Based Adaptation and Sustainable Livelihoods).
Ces deux initiatives adoptent des approches complémentaires pour améliorer la santé des récifs coralliens et le fonctionnement de l'écosystème au sein du NDNP. Le projet WANSEC se concentre sur la transplantation à grande échelle de corail corne d'élan à l'aide de petits fragments.

Ces dispositifs sont déployés à forte densité sur des sites sélectionnés afin de tester leur capacité à restaurer la structure récifale et à atténuer l'énergie des vagues à mesure que les coraux se développent. Bien qu'il s'agisse par nature d'une stratégie à long terme, cette approche permet d'intensifier les efforts de restauration en maximisant le nombre de plantes transplantées tout en minimisant le stress sur les colonies sauvages donneuses.
En revanche, le projet EbA a permis une restauration plus ciblée des coraux corne d'élan et corne de cerf sur des sites récifaux pré-identifiés dans le parc suite aux relevés de l'AGRRA.
Cela s'est avéré particulièrement crucial pour le corail corne de cerf, qui a quasiment disparu de nombreux récifs coralliens locaux suite à des épisodes successifs de blanchissement massif. En privilégiant la culture et la transplantation de cette espèce, le projet contribue non seulement à son rétablissement, mais aussi à la restauration de la complexité et de l'habitat essentiels des récifs.

Cependant, la mise en œuvre de ces deux projets n'a pas été sans difficultés. L'épisode mondial de blanchissement massif des coraux de 2023-2024 a provoqué un stress thermique généralisé sur les récifs des Caraïbes, entraînant des retards dans les calendriers de restauration et nécessitant des mesures de gestion adaptatives.
Malgré ces revers, les expériences acquises ont renforcé les capacités locales et souligné l'importance de stratégies de restauration flexibles et fondées sur des données scientifiques.
Pour l’avenir, l’Autorité du parc national de Durban (NPA) reste déterminée à poursuivre la restauration des coraux au-delà de la durée de vie de ces projets. Grâce à son programme de restauration corallienne, elle entend consolider les efforts actuels pour renforcer la résilience des récifs, restaurer les fonctions écosystémiques essentielles et préserver le capital naturel qui sous-tend la biodiversité et les moyens de subsistance au sein du NDNP.
Les opinions exprimées dans ces articles sont données à titre informatif uniquement et ne représentent pas la position officielle du Fonds pour la biodiversité des Caraïbes ni de ses partenaires. Les projets WANSEC et WCMC sont financés par le biais du mécanisme d’adaptation fondée sur les écosystèmes (EbA) du Fonds pour la biodiversité des Caraïbes, un projet soutenu par le ministère fédéral allemand de l’Environnement, de l’Action climatique, de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire (BMUKN) dans le cadre de l’Initiative internationale pour le climat (IKI) et de la KfW.